22.01.2008

Sarko le religieux !

La presse n'a pas donné tout l'écho que méritaient les interventions du chef de l'Etat relatives à sa vision de la place de la religion dans la société française ... à l'exception de l'hebdomadaire Marianne dans son dernier numéro titré "Le fou de Dieu".

Et pourtant, ses discours, tant au Vatican que dans les Emirats arabes, ne laissent aucun doute sur la pensée présidentielle en la matière : la religion doit être le pilier de la morale républicaine, loin devant la culture enseignée dans les écoles de la République.

Si ce n'est pas remettre en question la laïcité telle que prônée par la loi de 1905, je ne sais pas ce que cela veut dire.

Une des phrases les plus choquantes prononcées par Nicolas Sarkozy est sans aucun doute celle-ci : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie."

Alors discours électoraliste ? Si c'était le cas, il se serait bougrement trompé puisque seulement 25% des Français se disent croyants et que parmi ces 25% beaucoup sont très attachés à la laïcité.

Ou peut-être encore, cherche-t-il à séduire Benoît XVI pour que celui-ci lui octroie le droit, auquel il ne peut normalement plus prétendre : se remarier à l'église (droit que l'Eglise n'accorde qu'aux riches ou aux puissants) ?

Au moment où Fadela Amara présente le énième Plan Banlieue rebaptisé pour la circonstance "Espoir Banlieue", je ne suis pas sûr que la référence appuyée à la religion soit des plus judicieuses. C'est bien le même Sarkozy qui, lors des émeutes de 2005, incriminaient, pour partie au moins, les islamistes de tout poil et l'influence néfaste qu'ils pouvaient avoir sur la jeunesse de nos quartiers dits sensibles.

Etait-il utile de ranimer un débat sur la laïcité ? Si l'idée, c'était de masquer les vrais problèmes des Français en créant un nouvel écran de fumée, le risque pris par le Président me paraît plus important que le gain qu'il pouvait en escompter.

L'exposition médiatique de sa vie privée n'était déjà pas du meilleur goût, mais on pouvait considérer qu'elle n'avait qu'une influence relative sur la marche des affaires. Bien plus inquiétante est désormais l'interrogation que nous pouvons légitimement avoir de la capacité de ce nouveau président (il lui reste plus de quatre ans pour nous "surprendre") à engager la France sur la voie du progrès et du renouveau.   

 

   

 

 

Commentaires

de plus en plus surprenant notre président , j'espère qu'un mariage à l'église ne s'achète pas avec des mots, mais par des réflexions sur sa foi et ses croyances, ... Gérard lorsque nous nous verrons ,je crois que nous aurons encore bc p à discuter comme lorsqu'il y a une quinzaine d'année ,non plus bd St Germain ,mais au soleil à la terrasse de notre maison!!!à bientot

Ecrit par : jeanne de hugo | 22.01.2008

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