24.01.2008
L'édito de Régis Debray
Le journal Le Monde, ce journal dit de référence, dont on connaît les difficultés à se trouver des dirigeants, reste pour moi le seul quotidien où l'on puisse encore lire un maximum de papiers intelligents même si, et cela fait partie du libre arbitre de ses lecteurs, tout ne doit pas être pris pour parole d'évangile.
Evangile ? La transition est toute trouvée.
Dans Le Monde donc, daté du vendredi 25 janvier, vous trouverez un édito de Régis Debray ou plutôt une "Carte blanche" intitulée "Malaise dans la civilisation" dans laquelle le philosophe engagé prend pour argument la fameuse ou plutôt la détestable phrase de Sarkosy "L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ...".
Vous connaissez la suite, puisque cette phrase figure dans mon précédent blog.
Là s'arrête évidemment la comparaison entre nos deux éditos ... même si je suis assez fier d'en avoir parlé avant lui et d'être sur la même ligne de pensée que lui.
Première constatation faite par Debray, et je reprends ses termes : " ... du temps où il y avait une gauche en France, cette injure - dans la bouche d'un président de la République - eût mis un million de citoyens sur le pavé".
Comme il a raison ! Car comme lui, et comme vous sans doute, je n'ai pas entendu de voix de gauche, socialistes ou autres, s'élever contre ce qui est un acte d'agression contre la laïcité dont ils se sont dits, à d'autres occasions, non seulement les défenseurs mais également les derniers remparts contre toutes les atteintes dont elle pourrait être l'objet. Il est vrai que les références bibliques de Ségolène dans ses discours de campagne doivent quelque peu museler l'expression de ses principaux soutiens.
Je n'ai d'ailleurs pas plus entendu l'ami Besancenot.
Mais que se passe-t-il donc dans ce pays pour que les valeurs qui régissent notre vivre ensemble ne suscitent plus de réactions du peuple et de ses représentants lorsque celles-ci sont bafouées ?
Il n'y aurait donc plus que le pouvoir d'achat qui mobiliserait les foules ? Triste société que celle qui ne s'indignerait plus que de la chute du CAC 40, de la fraude commise par un traider de la Société Générale réduisant les bénéfices de celle-ci de 5 milliards d'euros à 700 millions d'euros (pauvres actionnaires !), qui ne se passionnerait plus que pour la dernière conquête amoureuse du président !!!
Régis Debray utilise une formule évidemment beaucoup plus savante mais qui résume excellement mon propos : "Ce cynique équilibre entre indécence matérialiste au temporel et déférence cléricale au spirituel ...".
Quand on sait que le même président veut en finir avec l'héritage de Mai 68, je me dis que Régis Debray a encore de beaux papiers à publier dans Le Monde. Sur ce sujet, j'ai beaucoup aimé les propos tenus par un autre "révolutionnaire", Edouard Balladur, dans l'émission de Marie Drucker intitulée "Droit d'inventaire" diffusée hier soir sur la 3. Lui-même reconnaît que l'héritage de Mai 68 n'est évidemment pas à solder mais que ses répercussions positives sur notre manière de vivre en France en 2008 sont incontestables.
Alors, il reste un semblant d'espoir : que les gens raisonnables de droite et de gauche s'allient pour mettre à la porte du pouvoir les usurpateurs de tous bords. Il en restera toujours bien assez - de gens raisonnables -pour nous gouverner.
17:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
JE SUIS D ACCORD A 200 % AVEC CET EDITO
PAUVRE FRANCE
QUI SERA CAPABLE DE RASSEMBLER CONTRE MR NICOLAS ?
GERARD ON T ATTEND
Ecrit par : A BRIQUET | 24.01.2008
j'aime bien votre dernier paragraphe ,où vs dites qu'il y aura des gens raisonnables de droite ou de gauche qui s'engageront pour ns gouverner, mais les gens raisonnables et sages veulent t-ils s'engager ? comme dit A. Briquet/pauvre France !! à bientot
Ecrit par : jeanne de hugo | 28.01.2008
Vos commentaires ok , il n'y a plus de gauche en france on va voir , la France n'est pas capable de se bouger j'en doute fortement , le temps joue pour la gauche et le corbeau finira par ouvrir son bec . Il reste des gens raisonnables j'en doute aussi bien à gauche que sur la droite au centre mieux vaut ne pas en parler .... cet ubuesque il y aura toujours deux camps et cela est préférable pour la confrontation d'idée et la démocratie , par principe un centre est au milieu de nulle part surtout en France "sur le fil d'un rasoir " ce n'est pas stable et non gérable , on en reparlera.
Ecrit par : lebarisien | 30.01.2008
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