29.01.2008

Merci Jérôme !!!

Et oui, j'ai envie aujourd'hui de rendre hommage à ce trader "fou" du nom de Jérôme Kerviel qui a fait plus pour la connaissance du monde financier qui nous entoure que tous les débats d'experts dont la télévision nous sature.

Pour autant, il en faut des experts pour nous aider à décrypter ce qui est devenu une jungle, le monde bancaire en l'occurence, où les actionnaires, les gros bien sûr (les membres des conseils d'administration notamment) sont tous disposés à "manger tout cru" les pauvres épargnants et boursicoteurs à la petite semaine que nous sommes.

Et parmi ces experts, il en est un, qui me paraît un peu plus pédagogue que les autres et surtout un peu plus enclin à défendre les intérêts des moins privilégiés.

Il s'agit de Bernard Maris qui allie, et cela le rend plutôt sympathique, la connaissance technique à une approche humaine des grands mouvements qui ébranlent la planète financière. Sans doute sa participation en qualité de chroniqueur à Charlie Hebdo n'y est-elle pas étrangère !

Mais revenons à notre trader qui, si son ambition avait été de devenir une star, a réussi son coup au-delà, sans aucun doute, de ses espérances.

J'espère qu'il s'en sortira honorablement, sa mise en examen sans avoir été mis en détention est un signe positif pour lui. Son avenir me paraît devoir être assuré car on ne peut douter que les concurrents de la Société Générale ne vont pas se priver de lui faire des offres de services à la hauteur de son "génie".

Qu'a-t-on appris au travers de cette affaire ?

Qu'un "petit" trader pouvait prendre des positions pour la banque pour laquelle il travaille pour des montants dépassant les encours de cette même banque. On parle de 50 milliards d'euros !!!

Que la Société Générale a perdu 4,9 milliards d'euros sur ces seules opérations auxquels se rajoutent 2 milliards d'euros de pertes liées aux fameux subprimes américains.

Que, pour autant, la banque fera un bénéfice consolidé, pour 2007, d'environ 800 000 millions d'euros.

Ce qui signifie que, s'il ne s'était rien passé, la banque aurait fait un bénéfice global d'environ 8 milliards d'euros.

La bonne question à se poser est : à qui aurait profité ce bénéfice colossal ? A l'évidence plus aux gros actionnaires qu'aux petits épargnants !

Et maintenant que la banque a perdu environ 7 milliards d'euros, qui va payer les pôts cassés ?

Sans aucune hésitation, plus les petits épargnants que les gros actionnaires. Cherchez l'erreur !!!

Qu'a-t-on encore appris ? Que la Société Générale, devant ce désastre, devait se recapitaliser à hauteur de 5,5 milliards d'euros et que cette recapitalisation allait être opérée par des banques étrangères.

On aimerait bien, nous qui avons quelquefois, voire de plus en plus souvent, des difficultés à boucler nos fins de mois, qu'un gentil mécène vienne abonder notre compte bancaire à première demande.

Tout cela n'est évidemment pas sans conséquence.

Pour l'image de marque de la Société Générale et de ses consoeurs, pour la confiance de leurs clients envers leur banquier à une époque où l'on nous dit que si l'économie française balbutie c'est essentiellement dû à un problème de confiance.

Comment avoir confiance quand on sait que les banques n'ont en réalité la possibilité matérielle de ne rembourser que 8% des sommes que nous leur avons confiées et qu'en quelques clics informatiques notre ami Jérôme nous a réduit cette possibilité de près de 5 milliards d'euros ? Cela fait froid dans le dos. Enfin, moi, je m'en fous car mon compte n'est pas suffisamment créditeur pour que mon banquier ne puisse honorer ma demande de remboursement.

J'ai aussi compris, à travers cette affaire, et ce, de la bouche de Bernard Maris, que ce genre de problème aurait des conséquences beaucoup moins importantes si l'on en revenait à l'organisation bancaire d'il y a quelques années, à savoir la séparation effective des établissements bancaires dits "d'investissements" des organismes dits de "réseaux".

Cela éviterait que l'on joue avec notre argent ! Car cela, on est bien assez grand pour le faire nous-mêmes.

Alors, Jérôme, merci de nous avoir confirmé que nous vivions dans un drôle de monde. Avant on parlait d'argent roi, maintenant on peut parler d'un monde d'argent fou ... et qui rend fou ... et pas que les traders !!!       

Commentaires

J'ai pris beaucoup de retard dans la lecture de ton blog mais mon voyage de provinciale "à la capitale" m'a un peu perturbée, le ciel gris, le métro, les histoires de banquiers ... ouh lala, vivement la canebière !! Et puis tu me connais j'aime bien les histoires people !!! c'est quand que tu nous parles du mariage ??????

Ecrit par : marguerite | 02.02.2008

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