17.02.2008
Politique de civilisation ou ... de réaction ?
Après nous avoir fait croire que la politique qu'il allait mener dans les mois et années à venir avait une grande ambition, c'était la fameuse "politique de civilisation" chère à Edgard Morin, Sarkozy ne fait que nous donner des exemples de "politique de réaction".
Politique de réaction lorsqu'il se rend à Gandrange dans une usine Arcelor Mittal pour assurer les ouvriers du soutien financier indéfectible de l'Etat ... alors que quelques jours avant, dans un autre contexte bien sûr, il avait assuré les Français que les caisses de l'Etat étaient ... vides.
Politique de réaction, lorsque, après s'être aperçu que les sondages lui étaient défavorables et que son électorat, les personnes âgées notamment, commençait à le lâcher, il annonce une avance de 200€, je dis bien une avance, sur l'augmentation des petites retraites dont il maintient l'objectif de les augmenter de 25% en 5 ans, alors que les caisses de l'Etat sont ...
Politique de réaction encore, lorsqu'il met en place une commission pour examiner les répercussions de la suppression de la pub sur la télévision publique, alors qu'il en a annoncé la décision le 6 janvier dernier lors de la présentation de ses voeux à la presse.
On a l'impression que chaque discours est l'occasion d'une annonce, ciblée en fonction de l'auditoire, dont les conséquences et les répercussions sur la marche du pays n'ont absolument pas été envisagées ni réfléchies.
Drôle de mode de gouvernance pour un président qui se veut le chef de "l'entreprise France".
Dernière annonce en date faite lors du dîner du CRIJF (Conseil représentatif des institutions juives de France), évènement auquel les Présidents de la République ont l'habitude de participer mais pas de s'y exprimer, dont on sait la polémique qu'elle a inspirée.
Voilà donc un président qui se croit obligé pour faire parler de lui de proposer à chacune de ses sorties une nouvelle idée toute fraîche et dont il n'a, à l'évidence, pas débattu avant avec qui que se soit, et surtout pas avec ceux que cela pourrait concerner au premier chef.
Et comme il sort beaucoup ... bonjour les dégâts !!!
Vous avez peut-être lu dans le dernier numéro de Marianne l'appel dit du "14 février" intitulé : "Pour une vigilance républicaine" et peut-être été surpris au vu des noms des personnalités qui l'ont signé (Villepin, Royal, Bayrou, Delanoë). L'Elysée est, paraît-il très fâché de cette démarche qu'il juge anti démocratique car propre à remettre en question un fait acquis et incontestable : Sarkozy a été élu Président de la République, et ce, pour cinq ans.
Je ne pense pas que cet appel ait pour but de remettre en cause cette élection - d'ailleurs le nom de Sarkozy n'est jamais cité - mais plutôt d'alerter le détenteur du pouvoir suprême sur les dérives palpables que son mode de gouvernance peuvent engendrer.
Je ne sais si Marianne ouvrira cet appel à la signature des citoyens autres que ceux déjà cités. Si c'était le cas, j'y ajouterais la mienne car il me semble que la République n'est pas loin d'être en danger.
11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.02.2008
9.3 ... 9.2 ... Espoir Banlieue
Deux infos ont retenu l'attention dans les derniers jours et toutes les deux concernent la banlieue.
Tout d'abord, l'annonce du énième plan pour la banlieue "en difficulté" appelé plan "Espoir Banlieues".
Une dénomination qui a au moins l'avantage d'acter une fois pour toute l'état de désespérance dans lequel se trouvent ces cités, ces quartiers, ces banlieues que l'on ne cesse de présenter sous leur jour le plus inquiétant alors que la plupart des citoyens qui y habitent n'aspirent qu'à une chose : vivre en toute tranquillité et surtout ne plus être décrits comme le cancer de notre société.
Car si cancer il y a, le mal est ailleurs. Et notamment dans l'injustice criante de voir concentrées dans de mêmes lieux les couches les plus défavorisées de la société.
Alors donnons à ce nouveau plan la chance de réussir et ainsi d'offrir un peu d'espoir aux populations qu'il vise, qu'elles soient jeunes ou moins jeunes. Si le but ultime était "le vivre-ensemble", ce serait déjà une avancée considérable.
Car le vivre-ensemble ne semble guère plus aisé dans les banlieues les plus huppées. C'est presque réconfortant !
Prenez Neuilly, Neuilly-sur-Seine bien sûr. Là aussi phénomène de concentration ... mais de gens plutôt riches et de bonne éducation (c'est un euphémisme). Résultat : une bagarre digne de voyous, de racailles "endimanchées", représentatifs d'une certaine bourgeoisie à la Française pour qui la révolution de 1789 n'a jamais existé et pour qui l'héritage de Mai 68 est à solder comme dirait notre bon président.
Signe des temps, le créateur de "Bondy.blog", mis en ligne après les évènements de 2005, vient de créer "Neuilly.blog" comme pour dire 9.3, 9.2 même combat. Cela ne manque pas de sel.
Le risque, évidemment, c'est qu'on ne parle plus, dans les semaines à venir, que de Neuilly et plus du tout de Sarcelles, Argenteuil ou Mantes-la-Jolie. Et, une fois de plus, le plan banlieue passera à la trappe.
Et que les politiques ne se réveillent qu'à l'occasion d'un nouvel embrasement des quartiers. Dramatique, vraiment !
Je ne peux m'empêcher de vous citer deux phrases tirées de deux livres que je suis en train de lire :
"Mai 68 : un coup de semonce dans un ciel serein ? Une révolution ? Une crise de civilisation ?" (Patrick Rotman - Mai 68 raconté à ceux qui ne l'ont pas vécu - Editions du seuil)
... le ciel de 2008 est plutôt couvert. Faut-il qu'il fasse beau pour descendre dans la rue ? (ça c'est moi qui le dis)
et
"Un leader démocratique ne saurait avoir pour seul programme d'être compris, encore moins d'être aimé" (Jacques Julliard - La Reine du monde - éditions Flammarion)
... ça c'est pour notre bon président.
14:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2008
Disciplinés ... les Français ?
A la question : les Français sont-ils disciplinés ? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. Alors que leur réputation de râleurs, de contestataires, a largement dépassé nos frontières, voyez comme la loi anti-tabac est passée comme une lettre à la poste.
Que vous soyez fumeurs ou non fumeurs, que vous habitiez un petit village ou une grande métropole et que vous fréquentiez régulièrement le petit bistrot de votre quartier, avez-vous réellement entendu des récriminations contre cette loi dont on disait qu'elle était liberticide.
Pour moi qui suis fumeur et habitué du petit noir pris sur le zinc, par ailleurs, contestataire né, cette interdiction s'est révélée être une mesure "douce" dont je mesure tous les jours les bienfaits ... financiers puisque mon café du matin est passé de 1,20€ + 0,53€ (le prix de 2 cigarettes) à 1,20€, soit une économie mensuelle de près de 16€.
Si vous rajoutez à cela les cigarettes non fumées à l'occasion des apéro pris entre copains, le soir après le boulot, et même si de temps en temps, quand le manque se fait trop sentir, vous allez en griller une petite à l'extérieur de l'établissement, vous vous retrouvez détenteur d'une petite fortune d'environ 100€ par mois qui, si vous la placez sur votre livret de caisse d'épargne ... je vous laisse faire le calcul.
En toute logique et en bons citoyens que nous sommes, nous devrions remettre cette somme dans le circuit de consommation pour respecter les consignes de notre "bon" président.
En fait, il ne s'est trompé que sur un point, notre "bon" président : le slogan de sa campagne aurait dû être "Fumer moins pour gagner plus" et non pas "Travailler plus pour gagner plus".
D'autant plus que si l'on observe bien les nouvelles habitudes de nos concitoyens travailleurs et néanmoins fumeurs - il suffit pour cela de passer devant les immeubles abritant de grandes sociétés - on ne peut que s'interroger sur le nombre d'heures de travail perdues par le simple fait de la pause cigarettes. Sans parler de l'inesthétisme de la situation : un attroupement d'hommes et de femmes frigorifiés, clope au bec, la plupart du temps disant du mal de leur supérieur hiérarchique et laissant négligemment le cadavre de leur "passion" à même le sol.
Si l'on compte le temps mis pour descendre dans la rue du 25ème étage d'un immeuble de La Défense, la Société Générale au hasard, les minutes prises à fumer une ou deux cigarettes et à discuter, les autres minutes nécessaires à attendre l'ascenceur et à remonter au 25ème étage et à se replonger dans le dossier qui avait été laissé en plan ...
Si l'on estime que cette opération est renouvellée une, voire deux fois par jour, je n'ose même pas faire le calcul de la perte que cette petite plaisanterie représente pour l'entreprise.
Vous me direz que par rapport aux milliards perdus par notre ami Kerviel, ce n'est pas grand chose. Sauf que pour Kerviel, c'est fini, alors que pour les fumeurs cela risque de durer encore quelques décennies.
Et c'est tant mieux car si l'on y réfléchit bien, si tout le monde s'arrêtait de fumer, compte tenu des taxes que l'Etat retire de cette consommation, nous serions obligés, nous les contribuables fumeurs et non fumeurs, de compenser ce manque à gagner.
Vous me direz aussi que le fait d'arrêter de fumer ou tout au moins de réduire sa consommation va faire baisser le nombre de cancers du poumon et qu'à ce titre la Sécurité sociale va pouvoir réduire son déficit, ce qui devrait engendrer une baisse des prélèvements obligatoires. Tout salarié, fumeur ou non fumeur, devrait y trouver avantage, je dis bien "devrait" car l'on sait que l'Etat a la fâcheuse tendance à augmenter nos prélèvements lorsque les comptes sont en déficit et à ne pas les diminuer quand ces mêmes comptes passent au vert.
Ouf, je ne sais si vous aurez compris quelque chose à ma démonstration ?
Si vous avez compris que je suis discipliné mais néanmoins contestataire, anarchiste de droite, comme disent certains, cela ne sera déjà pas si mal !!!
11:23 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

