01.01.2008
Vous avez dit "Bonne année !"
Chers bloggeuses et bloggeurs !
Vous avez envie d'avoir plus d'argent,
Vous voulez rester en bonne santé,
Vous voulez la paix dans le monde,
Vous souhaitez réussir dans vos diverses entreprises,
Vous rêvez d'un monde plus juste,
Vous souhaitez le meilleur pour vos proches ...
Que tous vos voeux soient exaucés !!!
Votre Président vous a présenté également ses voeux, à quelque chose près les mêmes, pour 2008.
Sous une forme plus moderne, paraît-il ?
Donc le modernisme pour le Président, ce serait parler en direct dans le "poste" ?
Et pour nous, le peuple, le modernisme ce serait se souhaiter la bonne année par mail ou par SMS ?
Plus impersonnel, encore, le SMS collectif où au gré du défilement des noms sur un répertoire, on rajoute un destinataire à qui on n'a pas donné signe de vie au cours de l'année passée.
Vous avez dit modernisme ?
La réponse est dans le commentaire de Marguerite à mon précédent édito.
Allez bonne année à toutes et à tous y compris à ceux que je viens d'égratigner.
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28.12.2007
Le blog est-il une drogue dure ?
En rentrant de Bourgogne en TGV le 25 décembre au soir, après un Noël convivial où les conversations sont allées bon train (salut Philippe !), j'ai occupé une partie de mon temps à lire Libé et plus particulièrement la page consacrée à l'actualité vue par les lecteurs et les "libénautes".
C'est ainsi que j'ai appris que le mot "blog" fêtait ses 10 ans. Quand je pense que je ne m'y suis mis qu'au début du mois de novembre ... Enfin, il n'est jamais trop tard pour bien faire !
Vous vous souvenez que j'avais débuté "leditodegerard" par la définition que Jean-François Kahn en donnait dans un de ses derniers ouvrages.
Libé me donne l'occasion de vous en faire partager quelques autres empruntées aux lecteurs de ce quotidien :
- "le blog est un petit chez soi, où l'on reçoit sans déplaisir" (n'est-ce pas Jeanne de Hugo ?)
- "Certains y retrouvent le plaisir du bistrot, les discussions sans queue ni tête et la chaleur de l'invective. L'esprit de comptoir règne. (alors, Thierry, convaincu ?)
- "le blog est comme le jean taille basse : une tendance assez populaire pour que tout le monde montre son nombril sans complexe"
Allez, une petite dernière :
- "C'est un endroit dégagé de toute contrainte d'audience et d'objectif, une niche confortable où l'on peut se faire plaisir, échanger, découvrir et faire découvrir sans faire de concessions".
Avais-je alors vraiment besoin de tenir un blog ?.
A cette question, je répondrais par l'affirmative. Pour autant, les discussions de comptoir gardent à mes yeux une dimension supplémentaire, celle de pouvoir croiser le regard de l'interlocuteur avec qui vous échangez et ainsi constater instantanément l'impact réel et spontané de votre discours.
Revenons à la question qui fait l'objet de cet édito : le blog est-il une drogue dure ?
Pour moi, si avide de liberté, la réponse est évidente, c'est non et ce ne peut être que non. mais si j'en juge par le comportement de celle qui partage mes jours (et mes nuits) - partager est le terme exact, puisqu'une bonne partie de son temps est consacré à la rédaction de son blog ("rock et trendy"), à la lecture des commentaires qu'il suscite, à la rédaction des réponses aux différents commentaires, à la lecture des commentaires sur les commentaires ... - on peut considérer que le blog est une vraie drogue.
Quelle n'est pas sa déception lorsque, rentrant à la maison et se précipitant sur son micro, elle s'aperçoit que son dernier blog n'a reçu de commentaire d'aucune de ses plus fidèles lectrices ! Un moment de doute l'envahit. Ce qu'elle écrirait n'aurait-il plus l'heur d'intéresser ? Ecrit-elle trop souvent ? N'écrit-elle pas assez ? Ses choix seraient-ils passés de mode ?
Heureusement, alors que je me sens totalement désarmé, le téléphone sonne : c'est Jeanne de Hugo ou Marguerite, des fois les deux à cinq minutes d'intervalle. Elles trouvent les mots pour la réconforter.
Le plus drôle, c'est qu'après avoir raccroché, elle repart sur son micro et là, miracle !, trois commentaires élogieux sont apparus.
Ouf ! on va pouvoir passer une bonne soirée.
Conclusion : il est des drogues sans aucun doute beaucoup plus nocives !!!
17:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.12.2007
La Nuit ...
Télérama a fait la Une de son numéro de Noël sur "Au coeur de la nuit" et ce thème a donné à Fabienne Pascaud, sa directrice, l'occasion d'écrire l'un des plus beaux édito qu'il lui ait jamais été donné d'écrire.
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager mon émotion en citant un extrait de ses écrits :
"Le jour n'est à personne mais chacun a sa nuit. La lumière construit le réel, visible et vrai, que tout le monde partage. L'obscurité isole et retient chaque être au fond de lui-même. Ou bien il y éprouve l'inconnu, l'invisible, l'imprévu, l'incertain et la fondamentale inquiétude de la nuit comme antichambre du néant. Ou bien il y mesure la force de l'imagination et la fascination libératrice de l'infini."
Vous l'aurez compris, la nuit me fascine, alors même qu'enfant (adulte aussi d'ailleurs) je détestais m'endormir dans le noir. Allez comprendre !
En réalité, j'aime la nuit en ville et pour tout dire surtout à Paris. La magie qui se dégage de ce ballet d'ombres, l'atmosphère qui règne dans ces endroits que le jour rend anodins exercent sur moi une fascination difficile à faire partager et c'est en cela que la nuit isole les êtres. C'est l'occasion de "rentrer en soi" et de mesurer le fossé qui sépare nos petites vies de l'éternité ou plutôt de l'universalité.
Comment vous faire partager le sentiment que j'éprouve lorsque, venant de la place de la Concorde grouillante de voitures et de touristes, je traverse le Jardin des Tuileries plongé dans une obscurité seulement atténuée par les lumières des immeubles de la rue de Rivoli et que j'aperçois au loin l'Arc de triomphe du Carroussel et entre ses arches la Pyramide du Louvre illuminée. Comment vous décrire l'atmosphère qui règne lorsqu'arrivé dans la Cour Carrée du Louvre dont les façades sont baignées d'une lumière jaunâtre quelque peu surréaliste j'entrevois le Pont des Arts avec l'Institut de France en point de mire ; la Seine qui m'en sépare rajoute à la féérie de l'instant.
Et puis, je pourrais vous parler du Paris, la nuit, où sortant d'un bar enfummé (cela ne sera bientôt plus possible), légèrement grisé par les quelques kirs partagés entre amis, je me retrouve seul dans des rues désertes ou seulement peuplées de quelques SDF dont la présence a la faculté de me ramener à la réalité de la vie et de me dégriser.
Alors, comme un rite, comme une obligation, je me rends sur le Pont Alexandre III, le plus beau pont de Paris à mes yeux. Ce pont exerce sur moi une véritable fascination. C'est comme un aimant qui m'attire inexorablement. Certains vont à la messe pour se recueillir, moi je vais sur le Pont Alexandre III ... La suite de cette histoire d'amour n'appartient qu'à mes très proches et je n'ai pas besoin de leur raconter !!!
Chose promise, chose due ! Je vous avais promis de vous parler de Noël. Paris, en cette période de fêtes, est évidemment parée de ses plus beaux atours et même si la magie de la nuit que j'ai tenté de vous faire partager n'est en rien fondée sur les illuminations de la capitale, une petite ballade sur les Champs Elysées parés de guirlandes lumineuses avec en décor de fond la Grande roue de la Concorde, ça a de "la gueule". De même, le quartier des grands magasins, les Galeries Lafayette notamment dont les façades ne sont que lumières et décorations, vaut le détour.
Mais vous aurez compris que ce n'est ni le Paris que je préfère ni la nuit telle que je la conçois, car, comme l'a écrit Fabienne Pascaud pour conclure son édito, "la nuit vaut bien quelques réflexions et méditations".
Allez, Joyeux Noël!
10:43 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.12.2007
A Jeanne de Hugo !
Jeanne, nous sommes à une semaine de Noël et nous allons partager ce moment d'intimité familiale ...
Cela fait quelques années que nous n'en avons eu l'occasion ... je ne me souviens plus si c'est parce que tu ne m'avais pas invité ou si c'est moi qui n'y étais pas disposé psychologiquement ... Cela n'a que peu d'importance puisque, comme pour beaucoup de choses et notamment l'affectif, ce n'est pas la quantité qui importe mais la qualité !
J'espère que tu ne vas t'offusquer de ce tutoiement inhabituel mais c'est tellement "tendance" dans la blogosphère que je n'ai pu y résister.
Je voudrais saisir l'occasion qui m'est donnée pour solliciter ton avis sur un sujet on ne peut plus raccord avec l'évènement que nous allons fêter la semaine prochaine.
C'est en lisant un article de Laurent Greisalmmer dans Le Monde d'hier soir que m'est venue cette idée.
Ce journaliste reprenait de manière non exhaustive la liste, la longue liste des Journées mondiales consacrées à des causes humanitaires. Il s'en servait d'argument pour expliquer que Kadhafi, à qui l'on a reproché d'être arrivé en France le jour des Droits de l'Homme, n'avait en réalité pas d'autre choix puisque quasiment tous les autres jours de l'année sont consacrés à des causes tout aussi honorables et pour lesquelles il aurait de toute façon eu quelque chose à se reprocher !!!
En lisant cet article, je n'ai pu m'empêcher de repenser à Noël, d'où l'objet de mon questionnement.
Dans notre culture judéo-chrétienne, Noël correspond bien à la naissance de Jésus ?
On nous l'a bien présenté comme étant le Sauveur de l'humanité ?
Alors, comment expliquer qu'il existe des Journées contre le SIDA, contre la Faim dans le monde, pour les Droits de l'Homme, contre les mines "anti-personnel", contre et pour tant de causes ...
Jésus n'aurait-il pas fait son boulot ? ou ne serions-nous pas "sauvables" ?
J'ai besoin que tu m'aides, Jeanne.
Cela me libèrerait l'esprit que tu m'expliques ... et me permettrait de passer un Noël serein à tes côtés.
Sois rassurée, si par le plus grand des hasards, tes explications ne parvenaient pas à me retirer de la tête toutes ces interrogations, il me restera toujours la possibilité de croire, l'espace d'une soirée, ... au Père Noël !!!
Que Marguerite et autre Lili, Désirée Dupont ne se gênent pas pour me faire part de leur avis.
Plus tôt vous m'aurez répondu, plus tôt je vous parlerais de sapins, de guirlandes et de ... foie gras !!!
10:39 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.12.2007
Futilités ...
Les fidèles de la lecture de mon édito, des lectrices essentiellement, allez savoir pourquoi, me reprochent, gentiment, de consacrer trop de temps à la politique et à ce qui l'entoure et de ne pas, en cette période de festivités qui s'annonce, mettre un peu de légèreté dans mes commentaires.
Et bien voilà, pour moi l'otage de la politique, moi l'addict au débat d'idées, Nicolas Sarkozy est venu à mon secours pour m'en délivrer.
Vous vouliez que je parle de futilités ... vous allez être servies ! Et c'est le petit Nicolas qui m'en donne l'occasion.
En effet, tous les médias de ce jour relaient cette information de première importance : le président s'est affiché chez Walt Disney en compagnie de Carla Bruni. Si c'est pas un scoop ça !!!
Ce jour-là, le 15 décembre, par malheur il ne neigeait pas. Les photos auraient été encore plus saisissantes et vous auraient peut-être rappelé "Sissi, future impératrice". Pour vous qui êtes jeunes et qui n'avez sans doute pas vu ce film, Romy Schneider était Sissi et Curd Jürgens, l'empereur.
Un vrai conte de fées. Il est vrai que Sarkozy avait bien besoin de se détendre après une semaine passée en compagnie de "son ami" Kadhafi. Voilà, je ne peux pas m'empêcher de revenir à la politique. Mais cela n'est pas anormal puisque je parle tout de même du président de la République française.
En cette période où il est de bon ton, voire obligatoire, de mettre de côté les soucis du quotidien, cette nouvelle histoire d'amour de notre président ne pouvait mieux tomber. Sa photo s'étalera à la une de Paris Match, de Closer et autres hebdos que les habitués du Café de Flore ne lisent que chez leur coiffeur ou leur dentiste ...
Il va falloir s'y habituer, notre président est un "people", il aime ce qui brille. Il a ce côté enfantin qui peut amuser et le faire aimer. A ce sujet, j'avais écrit en son temps au Courrier des lecteurs de l'hebdomadaire Marianne un article intitulé "La République dont le président est un enfant" plagiant ainsi le titre d'une pièce de théâtre de Montherlant "La ville dont le prince est un enfant". Marianne n'avait pas jugé utile de le publier. Vous l'avez ci-après en exclusivité !Dommage, car un certain nombre de faits sont venus confirmer mon appréciation. Eux l'avaient traiter de "fou" et avaient, par la même occasion, doublé leur vente de la semaine.
Décidément, je n'arrive pas à rester dans la futilité. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je sais encore m'amuser et rire de tout "petits riens". Alors, ne m'en voulez pas, je vais faire des efforts et mettre en sommeil, momentanément, mon regard de citoyen sur ce que devrait être la politique.
La prochaine fois je vous parlerais de guirlandes, de sapins, de cadeaux, de champagne, de foie gras, d'huitres ... peut-être !!!
« La République dont le président est un enfant »
Ce n’est pas le dernier ouvrage de Montherlant ressuscité mais vous l’aurez compris du « devoir de vacances » de Yasmina Reza* annoncé à grand renfort de trompettes, et dont Joseph Macé-Scaron a excellemment dépeint le contenu dans le dernier numéro de Marianne, dont je veux parler.
Dédié à G., je m’appelle Gérard mais je puis vous assurer que ce n’est pas de moi qu’il s’agit, ce … - je ne sais comment qualifier cette publication - livre n’apportera rien de plus aux fans de N.S., ni à ceux de l’auteur, peut-être à ceux que l’article publié par Marianne sur le profil psychologique de celui qui allait devenir le président de la République quelques semaines plus tard a laissé sur leur faim.
Car la dimension « enfantine » de notre président ne ressortait pas aussi crûment de l’analyse des journalistes de l’hebdomadaire : il fallait en avoir peur, un point c’est tout.
Puisque le jour où j’ai acheté « L’aube le soir ou la nuit » j’ai également acquis le dernier roman de Philippe Claudel : « Le rapport de Brodeck » - que je n’ai pas encore eu le temps de lire (la faute au matraquage de Flammarion) - je ne saurais que conseiller à N.S. mais également à Y.R. de méditer sur la dédicace de ce livre « Pour ceux et celles qui pensent n’être rien » et sur la citation de Victor Hugo : « Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout ».
Ne cherchez pas dans le livre de Yasmina Reza de grands discours politiques, d’envolées philosophiques, de citations du « grand » homme destinées à passer à la postérité, vous y trouverez du Faudel ou du Enrico, des détails de garde-robe du candidat … j’en connais qui vont regretter la grande époque Chirac- Tillinac.
J’en arrive à espérer qu’aucun écrivain n’ait suivi Ségolène Royal.
Quand on aime la politique, on ne se refait pas.
L’aube le soir ou la nuit (Flammarion)
11:12 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.12.2007
Un gouvernement "pluriel" ...
Cela doit vous rappeler quelque chose, 1981, l'élection de François Mitterrand, un gouvernement composé d'hommes et de femmes venus de la Gauche plurielle, des hommes et des femmes d'horizons politiques très différents, du PC notamment, obligés d'avaler leur chapeau pour ne pas rompre le contrat qu'ils avaient signés pour accéder à des postes ministériels.
2007, pas d'accord préalable entre partis, mais un débauchage particulièrement habile et médiatique où se retrouvent à la même table du Conseil des ministres des personnages aussi différents, au moins en apparence, que Bernard Kouchner, le french doctor, Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration, Fadela Amara, dont on ne sait s'il elle n'est pas devenue quelque peu soumise ou Rama Yade, la jolie secrétaire d'état aux droits de l'homme.
La visite du dictateur Kadhafi est révélatrice de la difficulté à faire cohabiter au sein d'une même équipe gouvernementale des personnalités aux parcours et aux idéaux aussi éloignés.
Bien sûr Rama Yade y est allée de son interview contestatrice dans le Parisen comme pour se libérer de la rancoeur qu'elle doit ruminer depuis son éviction du voyage officiel en Chine. Bien sûr, Kouchner n'a pu se libérer pour assister au festin donné en l'honneur du "guide" de la révolution. Bien sûr, Pascal Bruckner a dit dans "Le Monde" tout le mal qu'il fallait penser du peu de conviction mise par Sarkozy à tancer Kadhafi sur le sujet des droits de l'homme. Même Jean-François Coppé y est allé de son boycott personnel, lui le président du groupe UMP à l'assemblée lors de la visite de notre hôte au Palais Bourbon.
Il n'empêche qu'un certain nombre des ministres de la République doivent avoir un peu de mal à se regarder dans la glace sans se dire que le prix à payer pour rester dans un gouvernement est quelquefois bien cher.
Selon le bon vieux dicton "Un ministre, çà ferme sa gueule ou çà démissionne", ils ont fermé leur gueule. A se demander si la seule qui l'ait ouverte, Rama Yade, n'était pas commanditée par le Château, pour atténuer les effets médiatiques désastreux de cette visite. Je ne me pose d'ailleurs pas vraiment la question.
Sarkozy a dit et répété qu'il irait "chercher" la croissance qui fait si cruellement défaut à notre économie, avec les dents s'il le fallait. Il ne nous avait pas prévenu qu'il était pour cela prêt à baisser son pantalon.
Le président est sensé nous représenter et dans cette circonstance il est des amalgames qui ne me ravissent pas.
Et ce n'est pas l'interview donnée par Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, dans le Monde de ce soir qui me fera changer d'avis. Il conclut son article en disant : "Il faudra que les contempteurs de Nicolas Sarkozy acceptent l'idée que, pour corriger les injustices, on doit s'adresser d'abord à ceux qui les commettent".
Bien d'accord, Monsieur Devedjian, mais non pour leur faire des courbettes et tout accepter d'eux. Mais pour leur dire leurs quatre vérités car si comme on nous le répète, Kadhafi a changé, en bien, il doit être capable d'entendre certaines vérités et nous acheter pour autant quelques avions et quelques armes. Est-on sûr qu'ils ne les retournera pas contre nous un de ces jours ? C'est déjà arrivé à d'autres époques et dans d'autres contrées du monde.
17:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.12.2007
Non, je n'ai pas changé ...
Lors d'un précédent "édito" dédié à Marguerite, j'ai eu l'occasion de vous dire tout le "bien" que je pensais du choix du titre du dernier ouvrage de Ségolène Royal. C'était avant sa parution et le fait que le terme "Amour" n'apparaisse plus dans le titre ne change rien à l'affaire.
Après avoir survolé son livre et surtout l'avoir écoutée attentivement lors de son intervention dans l'émission d'Arlette Chabot "A vous de juger" hier soir, je me dis que le titre qui aurait dû être choisi est, pour rester dans le répertoire de la chanson, "Non, je n'ai pas changé".
Car, enfin, elle dit avoir tiré tous les enseignements de la campagne qu'elle a menée et être une femme politique nouvelle, endurcie par les attaques dont elle a été l'objet et convaincue que les idées qu'elle a défendues sont toujours valables, pour preuve, le fait qu'elles aient été récupérées, pour la plupart, par le nouveau président de la République.
En clair, on ne change pas une méthode qui vous a permis de ... perdre. Car, si les idées que vous avez énoncées ont été mises en application, que vous reste-t-il pour vous distinguer du pouvoir en place et mener les combats électoraux à venir ?
Sa marginalisation par rapport au PS, déjà criante lors de la campagne présidentielle, qu'elle a voulu tout en s'en plaignant, est devenue ostentatoire hier, lorsqu'à ma grande surprise, j'ai constaté qu'elle ne participait pas au débat qui a suivi son intervention. C'est vrai que le thème de ce débat ne devait pas la concerner puisqu'il traitait de la ... rénovation de la gauche.
Les militants du PS apprécieront et les ex-adhérents à 20 euros aussi ! Peut-être même que cela va également inquiéter François Bayrou puisqu'il semble que la seule alliance à laquelle pense Ségolène Royal soit celle avec le MoDem. Elle veut bien des 7 millions de voix de Bayrou. C'est d'ailleurs la même stratégie que dans l'entre-deux tours de la présidentielle. sauf que Bayrou ne se contentera jamais du poste de Premier ministre !
Non vraiment, elle n'a pas changé ! la machine à perdre est toujours en marche.
Pour finir, juste un mot sur l'interview réalisée par Arlette Chabot. On lui a reproché, à juste titre, d'avoir été particulièrement "molle" lors de l'entretien avec Nicolas Sarkozy en compagnie de de son collègue PPDA, tout aussi "mou" d'ailleurs.
Alors, avec Ségolène Royal, elle a fait preuve d'un peu plus de pugnacité, insistant au-delà du raisonnable sur l'aspect privé de la campagne et les conséquences non mesurables qu'a pu avoir sur celle-ci la discorde au sein du couple Royal/Hollande. Pourquoi n'avoir pas demandé à Sarkozy d'expliciter l'impact que pouvait avoir sur la conduite de la politique française sa séparation de Cécilia ? Peut-être sont-ce des questions que l'on ne pose pas à un président de la République ? Ou peut-être a-t-elle eu peur de perdre sa place à France2 ?
Non, vraiment, rien n'a vraiment changé sous le soleil de la politique et des médias, ni pour ceux, d'ailleurs que ces deux institutions devraient servir.
11:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03.12.2007
Restos du Coeur ... Décos de Noël
Nous y sommes.
Nous sommes entrés dans les préparatifs des Fêtes de fin d'année ...
Et si parfois vous l'aviez oublié, tout est fait pour vous le rappeler : pubs TV, guirlandes dans les vitrines des magasins, arbres des Champs Elysées parés de petites lumières bleues tombant en gouttes (c'est d'ailleurs assez magique !), hôtel Crillon dont les fenêtres donnant sur la Place de la Concorde ont été transformées en cascades lumineuses, guirlandes rouges de l'avenue Montaigne ...
Enfin, comme chaque année, mais peut-être encore plus que les autres années, tout est fait, au moins en apparence, pour que cette fin d'année 2007 soit festive et redonne aux Français le moral dont il se dit qu'il ne serait pas au beau fixe.
Il est vrai que l'élection de Nicolas Sarkozy aurait déjà dû donner du punch à nos concitoyens. On nous l'avait dit, on nous l'avait promis. Mais voilà, avoir le moral ne se décrète pas, surtout si, objectivement, rien n'y contribue. C'est un peu comme la croissance, la volonté d'en avoir est une chose, la capacité à l'obtenir en est une autre.
L'autre versant de cette période préparatoire aux festivités, moins visible, mais autrement préoccupant, c'est le début de la campagne des Restos du coeur, la 23ème du genre et une population grandissante de "clients". C'est aussi les Enfants de Don Quichote qui envisagent de planter leurs tentes sur les bords de Seine malgré l'avis de Christine Boutin qui leur promet l'intervention immédiate des CRS. Solution de rechange qu'Augustin Legrand n'exclut pas, celle de s'installer dans les lieux de culte, églises, temples en respectant autant que possible la vocation de ces endroits réservés à la prière.
La réaction des institutions religieuses à cette intrusion sera instructive de leur degré de compassion. Car enfin, je trouve que l'église reste particulièrement discrète sur ces sujets touchant à la pauvreté. En disant cela, je mets évidemment à part tous ces bénévoles qui travaillent dans les associations d'obédience religieuse et qui font un travail admirable au quotidien, mais tout de même quel silence assourdissant des cadres de l'église !
Je n'ai jamais entendu d'évêques proposer leurs églises comme refuges, temporaires bien évidemment, à cette misère que la France n'ose regarder en face. Troublant, n'est-ce-pas ? quid de la charité chrétienne.
Bien sûr, il y a Monseigneur Gaillot comme figure de proue. Mais représente-t-il encore l'institution religieuse, lui l'évêque de Mauritanie que le Vatican a exilé pour lui faire comprendre qu'un Général ne pouvait contester les règles de l'armée à laquelle il appartient.
Alors, ce sont les artistes qui s'y collent, Carole Bouquet, Josiane Balasko, Emmanuelle Béart ... Christine Boutin les entend, les reçoit ... pour quel résultat ?
Vous l'avez compris, j'ai un peu de mal avec ces Fêtes de fin d'année qui commencent fin octobre pour se terminer fin janvier car, vous me croirez si vous voulez, je ne peux me réjouir en toute sérénité en sachant que d'autres, beaucoup d'autres n'auront de ces fêtes que la vision surréaliste de ces guirlandes, de ces marchandises inaccessibles étalées dans ces vitrines enluminées.
Bonne conscience, me direz-vous ? Peut-être. Sûrement même. Ne doutez pas pour autant de ma sincérité.
11:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.11.2007
Encore des violences ...
Et voilà, c'est reparti pour un tour ... de violences dans les banlieues de la région parisienne !
Mêmes motifs, mêmes effets.
Deux jeunes gens trouvent la mort dans une collision avec une voiture de police et le petit jeu violences/ répression reprend ses droits et ses codes.
La banlieue devient un "terrain de jeux" où deux équipes s'affrontent, deux équipes qui se connaissent bien, d'un côté 300 jeunes qui n'attendent qu'une chose, pouvoir en découdre avec les flics, de l'autre 300 policiers suréquipés mais absolument pas entraînés à ce sport particulier qu'est la guerrilla urbaine. La partie commence toujours à la tombée de la nuit et joue les prolongations jusqu'à une heure, deux heures du matin.
Et toujours les mêmes conséquences : des voitures brûlées - les voitures des résidents de ces quartiers, souvent leur seule "richesse" - des écoles, des bibliothèques saccagées - seuls lieux de culture républicaine existant dans ces quartiers.
Qui a gagné la partie ? Les jeunes ? parce qu'il y a eu 60 blessés dans les rangs de la police et 300 voitures carbonisées. Parce qu'ils vont faire la Une des journaux télévisés, journaux télévisés qui feront, sur recommandation des autorités, petit à petit disparaître l'information. La police ? qui aura procédé à quelques dizaines d'arrestations.
Voilà 30 ans que le problème est connu des autorités de l'état et après quelques dizaines de milliards d'euros injectés, quelques ministres de la ville successifs, de droite, de gauche et d'ailleurs, des Tapie, des Borloo, des Amara, toujours la même situation dont on ne voit pas le début du début d'une solution.
Mêmes causes, mêmes effets me direz-vous ? Oui, sans doute. Sauf que ces causes et ces effets se sont largement amplifiés au fil des années et qu'il est à craindre que personne, aujourd'hui, n'ait réellement les moyens de contrôler la situation. Les véritables victimes de cet état de fait sont évidemment les citoyens respectables de ces quartiers (souvent les parents de ces "délinquants" d'un soir) qui ne souhaitent qu'une chose : vivre en paix dans leur ville, car contrairement aux idées reçues, ils aiment, pour la plupart, leur quartier.
J'espère que vous n'attendez pas de moi la solution miracle à cette question majeure pour la société française, vous seriez alors très déçus.
Une idée me trotte dans la tête depuis un bon moment : et si les parents, les habitants de ces quartiers, descendaient dans la rue à la tombée de la nuit et venaient remplacer les bataillons de gendarmes et autres CRS pour venir discuter avec "leurs" enfants en révolte. On peut tout de même espérer que les jeunes ne leur balanceraient pas des pierres.
Vous avez dit "Utopie" : je revendique ma part d'utopie, notamment lorsque les idées dites réalistes n'ont pas eu d'effet. Il faut bien alors inventer d'autres moyens pour sortir d'une situation qui ne pourra qu'empirer au fil des années jusqu'à devenir totalement incontrôlable et mettre en péril la paix civile.
11:03 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.11.2007
Lettre à "Marguerite"
Marguerite, tu dois bien te demander pourquoi je t'écris.
S'il n'y avait qu'une seule raison, ce serait pour te remercier de ta fidélité ... à me lire et à commenter mes écrits.
En fait, c'est à la lecture d'un petit article publié par Robert Solé en dernière page du Monde d'hier soir intitulé "En chantant" que j'ai trouvé instantanément l'argument de mon édito d'aujourd'hui.
Tu ne comprends toujours pas ? Je t'explique.
L'article de Robert Solé commence ainsi : "Il se murmure que le prochain livre de Ségolène Royal, à paraître chez Grasset, s'intitulerait Ma plus belle histoire d'amour c'est vous".
Mon sang n'a fait qu'un tour. Passe encore que ladite femme politique ne cesse de faire référence à la Bible dans ces interventions en meeting ou en réaction aux "gentillesses" de ses amis les "éléphants" du PS ... cela me ferait plutôt sourire (facile pour moi d'en rire, moi "l'incroyant") mais qu'elle s'attribue le titre d'une des plus belles chansons de Barbara, voilà qui est insupportable.
Je voulais te faire partager mon indignation car, enfin, cette chanson représente, pour nous, pour Simon, M.Jeanne, Cat, Thierry et d'autres encore un moment de vie suffisamment important pour que Ségolène ne se l'attribue pas aussi facilement.
Et puis, si l'on dépasse notre frustration toute personnelle donc quelque peu égoïste, le dixième anniversaire de la disparition de la grande dame en noir méritait, à mes yeux, meilleur hommage.
Quelle interprétation politique donner au choix de ce titre, s'il s'avère exact ?
Ce titre s'adresse-t-il à François - je ne crois pas car apparamment ils se disaient tu - sans doute alors, il suffit de changer une lettre, aux Français.
Que je sache, lorsque Barbara terminait son tour de chant sur cette phrase, la salle pleurait, les spectateurs étaient envahis d'un long frisson qui leur parcourait les reins. Est-ce que lorsque Ségolène Royal terminait ses discours - je me rappelle surtout de son intervention au stade Charléty - par "Aimez-vous les uns, les autres" - l'auditoire a ressenti la même émotion ?
Ségolène Royal ne serait-elle pas une adepte du détournement de symbole ? Un coup Dieu, pour attirer la classe bien pensante de ce pays, un coup Barbara, pour refaire venir à elle les égarés du socialisme à la française.
Il lui reste quatre bonnes années pour trouver le bon positionnement. Elle pourrait d'ailleurs emprunter le titre d'une autre chanson magnifique de Barbara : "Dis, quand reviendras-tu ?", mais là çà ne pourra plus s'adresser aux Français mais à ... François.
Pour terminer, Marguerite, je t'envoie un extarit d'une interview donnée par Barbara en 1960 : à la question "comment vous définissez-vous ?" Barbara répond : "Je suis une femme ... une femme qui chante" Le journaliste lui demande alors : "Est-ce bien compatible ?" et Barbara de répondre : "La preuve ... Est-ce que vous trouvez que je ne ressemble pas à une femme ?"
Il y aurait bien peu de choses à changer pour que cette interview ait été donnée par Ségolène Royal.
Allez Marguerite, pour finir sur une note un peu nostalgique, rappelle-toi le moment où tu as chanté avec Cat cette chanson de Barbara, un peu modifiée pour être raccord avec les circonstances, çà avait de la gueule, non ?
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