17.12.2007
Futilités ...
Les fidèles de la lecture de mon édito, des lectrices essentiellement, allez savoir pourquoi, me reprochent, gentiment, de consacrer trop de temps à la politique et à ce qui l'entoure et de ne pas, en cette période de festivités qui s'annonce, mettre un peu de légèreté dans mes commentaires.
Et bien voilà, pour moi l'otage de la politique, moi l'addict au débat d'idées, Nicolas Sarkozy est venu à mon secours pour m'en délivrer.
Vous vouliez que je parle de futilités ... vous allez être servies ! Et c'est le petit Nicolas qui m'en donne l'occasion.
En effet, tous les médias de ce jour relaient cette information de première importance : le président s'est affiché chez Walt Disney en compagnie de Carla Bruni. Si c'est pas un scoop ça !!!
Ce jour-là, le 15 décembre, par malheur il ne neigeait pas. Les photos auraient été encore plus saisissantes et vous auraient peut-être rappelé "Sissi, future impératrice". Pour vous qui êtes jeunes et qui n'avez sans doute pas vu ce film, Romy Schneider était Sissi et Curd Jürgens, l'empereur.
Un vrai conte de fées. Il est vrai que Sarkozy avait bien besoin de se détendre après une semaine passée en compagnie de "son ami" Kadhafi. Voilà, je ne peux pas m'empêcher de revenir à la politique. Mais cela n'est pas anormal puisque je parle tout de même du président de la République française.
En cette période où il est de bon ton, voire obligatoire, de mettre de côté les soucis du quotidien, cette nouvelle histoire d'amour de notre président ne pouvait mieux tomber. Sa photo s'étalera à la une de Paris Match, de Closer et autres hebdos que les habitués du Café de Flore ne lisent que chez leur coiffeur ou leur dentiste ...
Il va falloir s'y habituer, notre président est un "people", il aime ce qui brille. Il a ce côté enfantin qui peut amuser et le faire aimer. A ce sujet, j'avais écrit en son temps au Courrier des lecteurs de l'hebdomadaire Marianne un article intitulé "La République dont le président est un enfant" plagiant ainsi le titre d'une pièce de théâtre de Montherlant "La ville dont le prince est un enfant". Marianne n'avait pas jugé utile de le publier. Vous l'avez ci-après en exclusivité !Dommage, car un certain nombre de faits sont venus confirmer mon appréciation. Eux l'avaient traiter de "fou" et avaient, par la même occasion, doublé leur vente de la semaine.
Décidément, je n'arrive pas à rester dans la futilité. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je sais encore m'amuser et rire de tout "petits riens". Alors, ne m'en voulez pas, je vais faire des efforts et mettre en sommeil, momentanément, mon regard de citoyen sur ce que devrait être la politique.
La prochaine fois je vous parlerais de guirlandes, de sapins, de cadeaux, de champagne, de foie gras, d'huitres ... peut-être !!!
« La République dont le président est un enfant »
Ce n’est pas le dernier ouvrage de Montherlant ressuscité mais vous l’aurez compris du « devoir de vacances » de Yasmina Reza* annoncé à grand renfort de trompettes, et dont Joseph Macé-Scaron a excellemment dépeint le contenu dans le dernier numéro de Marianne, dont je veux parler.
Dédié à G., je m’appelle Gérard mais je puis vous assurer que ce n’est pas de moi qu’il s’agit, ce … - je ne sais comment qualifier cette publication - livre n’apportera rien de plus aux fans de N.S., ni à ceux de l’auteur, peut-être à ceux que l’article publié par Marianne sur le profil psychologique de celui qui allait devenir le président de la République quelques semaines plus tard a laissé sur leur faim.
Car la dimension « enfantine » de notre président ne ressortait pas aussi crûment de l’analyse des journalistes de l’hebdomadaire : il fallait en avoir peur, un point c’est tout.
Puisque le jour où j’ai acheté « L’aube le soir ou la nuit » j’ai également acquis le dernier roman de Philippe Claudel : « Le rapport de Brodeck » - que je n’ai pas encore eu le temps de lire (la faute au matraquage de Flammarion) - je ne saurais que conseiller à N.S. mais également à Y.R. de méditer sur la dédicace de ce livre « Pour ceux et celles qui pensent n’être rien » et sur la citation de Victor Hugo : « Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout ».
Ne cherchez pas dans le livre de Yasmina Reza de grands discours politiques, d’envolées philosophiques, de citations du « grand » homme destinées à passer à la postérité, vous y trouverez du Faudel ou du Enrico, des détails de garde-robe du candidat … j’en connais qui vont regretter la grande époque Chirac- Tillinac.
J’en arrive à espérer qu’aucun écrivain n’ait suivi Ségolène Royal.
Quand on aime la politique, on ne se refait pas.
L’aube le soir ou la nuit (Flammarion)
11:12 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

