05.02.2008

Disciplinés ... les Français ?

A la question : les Français sont-ils disciplinés ? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. Alors que leur réputation de râleurs, de contestataires, a largement dépassé nos frontières, voyez comme la loi anti-tabac est passée comme une lettre à la poste.

Que vous soyez fumeurs ou non fumeurs, que vous habitiez un petit village ou une grande métropole et que vous fréquentiez régulièrement le petit bistrot de votre quartier, avez-vous réellement entendu des récriminations contre cette loi dont on disait qu'elle était liberticide.

Pour moi qui suis fumeur et habitué du petit noir pris sur le zinc, par ailleurs, contestataire né, cette interdiction s'est révélée être une mesure "douce" dont je mesure tous les jours les bienfaits ... financiers puisque mon café du matin est passé de 1,20€ + 0,53€ (le prix de 2 cigarettes) à 1,20€, soit une économie mensuelle de près de 16€.

Si vous rajoutez à cela les cigarettes non fumées à l'occasion des apéro pris entre copains, le soir après le boulot, et même si de temps en temps, quand le manque se fait trop sentir, vous allez en griller une petite à l'extérieur de l'établissement, vous vous retrouvez détenteur d'une petite fortune d'environ 100€ par mois qui, si vous la placez sur votre livret de caisse d'épargne ... je vous laisse faire le calcul.

En toute logique et en bons citoyens que nous sommes, nous devrions remettre cette somme dans le circuit de consommation pour respecter les consignes de notre "bon" président.

En fait, il ne s'est trompé que sur un point, notre "bon" président  : le slogan de sa campagne aurait dû être "Fumer moins pour gagner plus" et non pas "Travailler plus pour gagner plus". 

D'autant plus que si l'on observe bien les nouvelles habitudes de nos concitoyens travailleurs et néanmoins fumeurs - il suffit pour cela de passer devant les immeubles abritant de grandes sociétés - on ne peut que s'interroger sur le nombre d'heures de travail perdues par le simple fait de la pause cigarettes. Sans parler de l'inesthétisme de la situation : un attroupement d'hommes et de femmes frigorifiés, clope au bec, la plupart du temps disant du mal de leur supérieur hiérarchique et laissant négligemment le cadavre de leur "passion" à même le sol.

Si l'on compte le temps mis pour descendre dans la rue du 25ème étage d'un immeuble de La Défense, la Société Générale au hasard, les minutes prises à fumer une ou deux cigarettes et à discuter, les autres minutes nécessaires à attendre l'ascenceur et à remonter au 25ème étage et à se replonger dans le dossier qui avait été laissé en plan ...

Si l'on estime que cette opération est renouvellée une, voire deux fois par jour, je n'ose même pas faire le calcul de la perte que cette petite plaisanterie représente pour l'entreprise.

Vous me direz que par rapport aux milliards perdus par notre ami Kerviel, ce n'est pas grand chose. Sauf que pour Kerviel, c'est fini, alors que pour les fumeurs cela risque de durer encore quelques décennies.

Et c'est tant mieux car si l'on y réfléchit bien, si tout le monde s'arrêtait de fumer, compte tenu des taxes que l'Etat retire de cette consommation, nous serions obligés, nous les contribuables fumeurs et non fumeurs, de compenser ce manque à gagner.

Vous me direz aussi que le fait d'arrêter de fumer ou tout au moins de réduire sa consommation va faire baisser le nombre de cancers du poumon et qu'à ce titre la Sécurité sociale va pouvoir réduire son déficit, ce qui devrait engendrer une baisse des prélèvements obligatoires. Tout salarié, fumeur ou non fumeur, devrait y trouver avantage, je dis bien "devrait" car l'on sait que l'Etat a la fâcheuse tendance à augmenter nos prélèvements lorsque les comptes sont en déficit et à ne pas les diminuer quand ces mêmes comptes passent au vert.

Ouf, je ne sais si vous aurez compris quelque chose à ma démonstration ?

Si vous avez compris que je suis discipliné mais néanmoins contestataire, anarchiste de droite, comme disent certains, cela ne sera déjà pas si mal !!!  

  

29.01.2008

Merci Jérôme !!!

Et oui, j'ai envie aujourd'hui de rendre hommage à ce trader "fou" du nom de Jérôme Kerviel qui a fait plus pour la connaissance du monde financier qui nous entoure que tous les débats d'experts dont la télévision nous sature.

Pour autant, il en faut des experts pour nous aider à décrypter ce qui est devenu une jungle, le monde bancaire en l'occurence, où les actionnaires, les gros bien sûr (les membres des conseils d'administration notamment) sont tous disposés à "manger tout cru" les pauvres épargnants et boursicoteurs à la petite semaine que nous sommes.

Et parmi ces experts, il en est un, qui me paraît un peu plus pédagogue que les autres et surtout un peu plus enclin à défendre les intérêts des moins privilégiés.

Il s'agit de Bernard Maris qui allie, et cela le rend plutôt sympathique, la connaissance technique à une approche humaine des grands mouvements qui ébranlent la planète financière. Sans doute sa participation en qualité de chroniqueur à Charlie Hebdo n'y est-elle pas étrangère !

Mais revenons à notre trader qui, si son ambition avait été de devenir une star, a réussi son coup au-delà, sans aucun doute, de ses espérances.

J'espère qu'il s'en sortira honorablement, sa mise en examen sans avoir été mis en détention est un signe positif pour lui. Son avenir me paraît devoir être assuré car on ne peut douter que les concurrents de la Société Générale ne vont pas se priver de lui faire des offres de services à la hauteur de son "génie".

Qu'a-t-on appris au travers de cette affaire ?

Qu'un "petit" trader pouvait prendre des positions pour la banque pour laquelle il travaille pour des montants dépassant les encours de cette même banque. On parle de 50 milliards d'euros !!!

Que la Société Générale a perdu 4,9 milliards d'euros sur ces seules opérations auxquels se rajoutent 2 milliards d'euros de pertes liées aux fameux subprimes américains.

Que, pour autant, la banque fera un bénéfice consolidé, pour 2007, d'environ 800 000 millions d'euros.

Ce qui signifie que, s'il ne s'était rien passé, la banque aurait fait un bénéfice global d'environ 8 milliards d'euros.

La bonne question à se poser est : à qui aurait profité ce bénéfice colossal ? A l'évidence plus aux gros actionnaires qu'aux petits épargnants !

Et maintenant que la banque a perdu environ 7 milliards d'euros, qui va payer les pôts cassés ?

Sans aucune hésitation, plus les petits épargnants que les gros actionnaires. Cherchez l'erreur !!!

Qu'a-t-on encore appris ? Que la Société Générale, devant ce désastre, devait se recapitaliser à hauteur de 5,5 milliards d'euros et que cette recapitalisation allait être opérée par des banques étrangères.

On aimerait bien, nous qui avons quelquefois, voire de plus en plus souvent, des difficultés à boucler nos fins de mois, qu'un gentil mécène vienne abonder notre compte bancaire à première demande.

Tout cela n'est évidemment pas sans conséquence.

Pour l'image de marque de la Société Générale et de ses consoeurs, pour la confiance de leurs clients envers leur banquier à une époque où l'on nous dit que si l'économie française balbutie c'est essentiellement dû à un problème de confiance.

Comment avoir confiance quand on sait que les banques n'ont en réalité la possibilité matérielle de ne rembourser que 8% des sommes que nous leur avons confiées et qu'en quelques clics informatiques notre ami Jérôme nous a réduit cette possibilité de près de 5 milliards d'euros ? Cela fait froid dans le dos. Enfin, moi, je m'en fous car mon compte n'est pas suffisamment créditeur pour que mon banquier ne puisse honorer ma demande de remboursement.

J'ai aussi compris, à travers cette affaire, et ce, de la bouche de Bernard Maris, que ce genre de problème aurait des conséquences beaucoup moins importantes si l'on en revenait à l'organisation bancaire d'il y a quelques années, à savoir la séparation effective des établissements bancaires dits "d'investissements" des organismes dits de "réseaux".

Cela éviterait que l'on joue avec notre argent ! Car cela, on est bien assez grand pour le faire nous-mêmes.

Alors, Jérôme, merci de nous avoir confirmé que nous vivions dans un drôle de monde. Avant on parlait d'argent roi, maintenant on peut parler d'un monde d'argent fou ... et qui rend fou ... et pas que les traders !!!       

17.01.2008

La femme digitale

"La femme digitale", c'est le titre du dernier ouvrage publié par Isabelle Juppé.

Oui, vous avez bien deviné ... Isabelle Juppé est la femme de notre ancien premier ministre, celui qui avait osé s'attaquer en 1995 aux régimes spéciaux de retraite avec les conséquences que l'on connaît pour l'homme qui voulait rester "droit dans ses bottes" et qui, du coup, en était tombé de "cheval"..

Soit dit en passant, il n'aura fallu que treize ans pour qu'un gouvernement, également de droite, fasse passer une réforme qui avait mis les salariés du service public dans la rue et quasiment paralysé le pays pendant plusieurs semaines.

Pour en revenir au livre, c'était l'occasion pour ce couple assez peu "people" d'apparaître ensemble sur le plateau du "Grand journal" de Canal+.

Première constatation : c'est un joli couple qui, au-delà des positionnements politiques, respire l'intelligence et la complicité ... un vrai couple somme toute comme on aimerait en voir plus souvent et qui ... pourrait parfaitement représenter la France ... mieux en tout état de cause que celui qu'on nous propose actuellement. 

Isabelle Juppé traite dans son livre du comportement des femmes par rapport à Internet. Et à l'entendre faire la promotion de son bouquin, j'ai cru reconnaître quelqu'un qui m'est proche, très proche même puisqu'il s'agit de la mienne ... de femme.

Incontestablement le rapport de la femme à Internet est à mes yeux quelque chose de sociologiquement passionnant tant le fonctionnement qu'elles adoptent entre elles est le révélateur que, décidément - et si des fois on en doutait - les hommes et les femmes ... ce n'est pas pareil ! 

En observant Cat du coin de l'oeil pendant l'intervention d'Isabelle Juppé, j'ai pu observer de petits sourires complices qui me font dire que ce mode de communication entre femmes était sans aucun doute beaucoup moins futile que le "vieux macho" que je suis aurait pu le penser.

Et que, s'il fallait chercher un endroit où la démocratie participative chère à Ségolène Royal pouvait le mieux s'exprimer, c'est bien dans les blogs féminins qu'il faudrait les chercher. D'ailleurs, Isabelle Juppé, montrant ainsi son indépendance par rapport à son mari, n'a pas hésité à reprendre à son compte ce concept qui avait tant fait couler d'encre pendant la campagne électorale.

Tout ça pour vous dire que j'ai été séduit par cette femme, par son intelligence, son pragmatisme, son charme et que j'ai trouvé chez le "nouveau" Juppé un charme, une décontraction (ce n'était pas sa plus grande caractéristique) dont on ne peut pas penser un instant qu'Isabelle n'y soit pas pour quelque chose.

Comme quoi la femme reste et restera quoiqu'il advienne le complément indispensable de l'homme à condition toutefois que Internet ne nous les enlève pas trop longtemps chaque jour et qu'elle continue à nous faire évoluer.

Merci Cat et à tout de suite ... enfin, dès que tu auras fini de lire tes mails et de rédiger ton propre blog.

Et puis comme nous partons pour deux jours dans le Sud, je vais t'avoir rien que pour moi pendant quarante huit heures !!! c'est tes copines de blog qui vont être décues.

28.12.2007

Le blog est-il une drogue dure ?

En rentrant de Bourgogne en TGV le 25 décembre au soir, après un Noël convivial où les conversations sont allées bon train (salut Philippe !), j'ai occupé une partie de mon temps à lire Libé et plus particulièrement la page consacrée à l'actualité vue par les lecteurs et les "libénautes".

C'est ainsi que j'ai appris que le mot "blog" fêtait ses 10 ans. Quand je pense que je ne m'y suis mis qu'au début du mois de novembre ... Enfin, il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Vous vous souvenez que j'avais débuté "leditodegerard" par la définition que Jean-François Kahn en donnait dans un de ses derniers ouvrages.

Libé me donne l'occasion de vous en faire partager quelques autres empruntées aux lecteurs de ce quotidien :

- "le blog est un petit chez soi, où l'on reçoit sans déplaisir" (n'est-ce pas Jeanne de Hugo ?)

- "Certains y retrouvent le plaisir du bistrot, les discussions sans queue ni tête et la chaleur de l'invective. L'esprit de comptoir règne. (alors, Thierry, convaincu ?)

- "le blog est comme le jean taille basse : une tendance assez populaire pour que tout le monde montre son nombril sans complexe"

Allez, une petite dernière :

- "C'est un endroit dégagé de toute contrainte d'audience et d'objectif, une niche confortable où l'on peut se faire plaisir, échanger, découvrir et faire découvrir sans faire de concessions".

Avais-je alors vraiment besoin de tenir un blog ?.

A cette question, je répondrais par l'affirmative. Pour autant, les discussions de comptoir gardent à mes yeux une dimension supplémentaire, celle de pouvoir croiser le regard de l'interlocuteur avec qui vous échangez et ainsi constater instantanément l'impact réel et spontané de votre discours.

Revenons à la question qui fait l'objet de cet édito : le blog est-il une drogue dure ?

Pour moi, si avide de liberté, la réponse est évidente, c'est non et ce ne peut être que non. mais si j'en juge par le comportement de celle qui partage mes jours (et mes nuits) - partager est le terme exact, puisqu'une bonne partie de son temps est consacré à la rédaction de son blog ("rock et trendy"), à la lecture des commentaires qu'il suscite, à la rédaction des réponses aux différents commentaires, à la lecture des commentaires sur les commentaires ... - on peut considérer que le blog est une vraie drogue.

Quelle n'est pas sa déception lorsque, rentrant à la maison et se précipitant sur son micro, elle s'aperçoit que son dernier blog n'a reçu de commentaire d'aucune de ses plus fidèles lectrices ! Un moment de doute l'envahit. Ce qu'elle écrirait n'aurait-il plus l'heur d'intéresser ? Ecrit-elle trop souvent ? N'écrit-elle pas assez ? Ses choix seraient-ils passés de mode ?

Heureusement, alors que je me sens totalement désarmé, le téléphone sonne : c'est Jeanne de Hugo ou Marguerite, des fois les deux à cinq minutes d'intervalle. Elles trouvent les mots pour la réconforter.

Le plus drôle, c'est qu'après avoir raccroché, elle repart sur son micro et là, miracle !, trois commentaires élogieux sont apparus.

Ouf ! on va pouvoir passer une bonne soirée. 

Conclusion : il est des drogues sans aucun doute beaucoup plus nocives !!!   

 

03.12.2007

Restos du Coeur ... Décos de Noël

Nous y sommes.

Nous sommes entrés dans les préparatifs des Fêtes de fin d'année ...

Et si parfois vous l'aviez oublié, tout est fait pour vous le rappeler : pubs TV, guirlandes dans les vitrines des magasins,  arbres des Champs Elysées parés de petites lumières bleues tombant en gouttes (c'est d'ailleurs assez magique !), hôtel Crillon dont les fenêtres donnant sur la Place de la Concorde ont été transformées en cascades lumineuses, guirlandes rouges de l'avenue Montaigne ...

Enfin, comme chaque année, mais peut-être encore plus que les autres années, tout est fait, au moins en apparence, pour que cette fin d'année 2007 soit festive et redonne aux Français le moral dont il se dit qu'il ne serait pas au beau fixe.

Il est vrai que l'élection de Nicolas Sarkozy aurait déjà dû donner du punch à nos concitoyens. On nous l'avait dit, on nous l'avait promis. Mais voilà, avoir le moral ne se décrète pas, surtout si, objectivement, rien n'y contribue. C'est un peu comme la croissance, la volonté d'en avoir est une chose, la capacité à l'obtenir en est une autre.

L'autre versant de cette période préparatoire aux festivités, moins visible, mais autrement préoccupant, c'est le début de la campagne des Restos du coeur, la 23ème du genre et une population grandissante de "clients". C'est aussi les Enfants de Don Quichote qui envisagent de planter leurs tentes sur les bords de Seine malgré l'avis de Christine Boutin qui leur promet l'intervention immédiate des CRS. Solution de rechange qu'Augustin Legrand n'exclut pas, celle de s'installer dans les lieux de culte, églises, temples en respectant autant que possible la vocation de ces endroits réservés à la prière.

La réaction des institutions religieuses à cette intrusion sera instructive de leur degré de compassion. Car enfin, je trouve que l'église reste particulièrement discrète sur ces sujets touchant à la pauvreté. En disant cela, je mets évidemment à part tous ces bénévoles qui travaillent dans les associations d'obédience religieuse et qui font un travail admirable au quotidien, mais tout de même quel silence assourdissant des cadres de l'église !

Je n'ai jamais entendu d'évêques proposer leurs églises comme refuges, temporaires bien évidemment, à cette misère que la France n'ose regarder en face. Troublant, n'est-ce-pas ? quid de la charité chrétienne.

Bien sûr, il y a Monseigneur Gaillot comme figure de proue. Mais représente-t-il encore l'institution religieuse, lui l'évêque de Mauritanie que le Vatican a exilé pour lui faire comprendre qu'un Général ne pouvait contester les règles de l'armée à laquelle il appartient.

Alors, ce sont les artistes qui s'y collent, Carole Bouquet, Josiane Balasko, Emmanuelle Béart ... Christine Boutin les entend, les reçoit ... pour quel résultat ?

Vous l'avez compris, j'ai un peu de mal avec ces Fêtes de fin d'année qui commencent fin octobre pour se terminer fin janvier car, vous me croirez si vous voulez, je ne peux me réjouir en toute sérénité en sachant que d'autres, beaucoup d'autres n'auront de ces fêtes que la vision surréaliste de ces guirlandes, de ces marchandises inaccessibles étalées dans ces vitrines enluminées.

Bonne conscience, me direz-vous ? Peut-être. Sûrement même. Ne doutez pas pour autant de ma sincérité.      

27.11.2007

Encore des violences ...

Et voilà, c'est reparti pour un tour ... de violences dans les banlieues de la région parisienne !

Mêmes motifs, mêmes effets.

Deux jeunes gens trouvent la mort dans une collision avec une voiture de police et le petit jeu violences/ répression reprend ses droits et ses codes.

La banlieue devient un "terrain de jeux" où deux équipes s'affrontent, deux équipes qui se connaissent bien, d'un côté 300 jeunes qui n'attendent qu'une chose, pouvoir en découdre avec les flics, de l'autre 300 policiers suréquipés mais absolument pas entraînés à ce sport particulier qu'est la guerrilla urbaine. La partie commence toujours à la tombée de la nuit et joue les prolongations jusqu'à une heure, deux heures du matin.

Et toujours les mêmes conséquences : des voitures brûlées - les voitures des résidents de ces quartiers, souvent leur seule "richesse" - des écoles, des bibliothèques saccagées - seuls lieux de culture républicaine existant dans ces quartiers.

Qui a gagné la partie ? Les jeunes ? parce qu'il y a eu 60 blessés dans les rangs de la police et 300 voitures carbonisées. Parce qu'ils vont faire la Une des journaux télévisés, journaux télévisés qui feront, sur recommandation des autorités, petit à petit disparaître l'information. La police ? qui aura procédé à quelques dizaines d'arrestations.

Voilà 30 ans que le problème est connu des autorités de l'état et après quelques dizaines de milliards d'euros injectés, quelques ministres de la ville successifs, de droite, de gauche et d'ailleurs, des Tapie, des Borloo, des Amara, toujours la même situation dont on ne voit pas le début du début d'une solution.

Mêmes causes, mêmes effets me direz-vous ?  Oui, sans doute. Sauf que ces causes et ces effets se sont largement amplifiés au fil des années et qu'il est à craindre que personne, aujourd'hui, n'ait réellement les moyens de contrôler la situation. Les véritables victimes de cet état de fait sont évidemment les citoyens respectables de ces quartiers (souvent les parents de ces "délinquants" d'un soir) qui ne souhaitent qu'une chose : vivre en paix dans leur ville, car contrairement aux idées reçues, ils aiment, pour la plupart, leur quartier.

J'espère que vous n'attendez pas de moi la solution miracle à cette question majeure pour la société française, vous seriez alors très déçus.

Une idée me trotte dans la tête depuis un bon moment : et si les parents, les habitants de ces quartiers, descendaient dans la rue à la tombée de la nuit et venaient remplacer les bataillons de gendarmes et autres CRS pour venir discuter avec "leurs" enfants en révolte. On peut tout de même espérer que les jeunes ne leur balanceraient pas des pierres.

Vous avez dit "Utopie" : je revendique ma part d'utopie, notamment lorsque les idées dites réalistes n'ont pas eu d'effet. Il faut bien alors inventer d'autres moyens pour sortir d'une situation qui ne pourra qu'empirer au fil des années jusqu'à devenir totalement incontrôlable et mettre en péril la paix civile.

   

22.11.2007

Bataille sémantique

Depuis le début de la grève dans les transports publics, se déroule, par presse interposée, une bataille de mots entre journalistes, politiques, intellectuels, analystes, usagers, grévistes. 

Et dans ce combat inégal, inégal car chacun des acteurs n'a pas obligatoirement le même temps de parole, deux mots reviennent systématiquement dans la bouche de ceux que l'on invite à commenter la crise : équité et otage.

Pour vous éviter de sortir votre dictionnaire, et de plus, convaincu que chacun d'entre vous en a sa propre définition, je vous livre ce que le Petit Robert en dit :

- équité : notion de la justice naturelle dans l'appréciation de ce qui est dû à chacun ou conception d'une justice naturelle qui n'est pas inspirée par les règles de droit en vigueur.

- otage : personne dont on se saisit et que l'on détient comme gage pour obtenir ce que l'on exige.

Je résume : "le gouvernement a choisi de réformer les régimes spéciaux (pas tous d'ailleurs) ... par souci d'équité ce qui a entraîné des mouvements de grève qui ont pour conséquence de prendre en otages les usagers des transports publics."

Ingrid Bettancourt est otage des FARC, les usagers des transports publics seraient les otages de la SNCF et de la RATP : est-ce bien raisonnable d'utiliser le même terme pour deux situations incomparables.

"Victimes" me paraît plus approprié. Le même dictionnaire nous dit qu'une victime est une personne qui souffre ou pâtit des agissements d'autrui ou d'évènements néfastes. N'est-ce pas ce que connaissent aujourd'hui nos compatriotes amenés à se déplacer ?

Pour en revenir au terme "équité", j'aurais préféré que l'on utilise "égalité". Là encore le Robert vient à mon secours puiqu'il définit ainsi l'égalité : "le fait pour les humains d'être égaux devant la loi, de jouir des mêmes droits". Là encore n'est-ce pas le cas de la situation des futurs retraités de la SNCF et de la RATP qui vont devoir cotiser autant de temps que leurs collègues du privé ? Ils seront alors sur un pied d'égalité.

Peut-être cette bataille sémantique vous paraîtra-t-elle dénuée d'intérêt mais, vous l'avez compris, un peu comme le mouvement de grève, le "jeune" bloggeur que je suis s'essouffle. 

Vivement demain ou après-demain que l'on parle d'autre chose. Ne serais-je pas devenu otage de l'actualité ?   

.

20.11.2007

Les Nicolas à l'honneur ...

J'aurais pu attendre le jour de la Saint Nicolas (le 6 décembre prochain) pour rédiger ce papier mais la tentation est trop forte.

J'ai en effet découvert que ce prénom porté par quelques 40 000 personnes en France a connu son heure de gloire dans le début des années 80 et que la moyenne d'âge de ceux qui le portent est de 24 ans.

Bizarre, me suis-je dit ! en cherchant parmi les Nicolas que je connaissais ou que l'actualité m'avait fait connaître, aucun ne faisait partie de cette génération ... et pourtant ils sont légion.

Le premier qui me soit venu à l'esprit c'est Nicolas ... Beytout, la cinquantaine dynamique et bien portée, le directeur du Figaro qui va prendre la direction des Echos acquis par le groupe LVMH, entraînant ainsi l'arrivée à la tête du Figaro d'un ex futur retraité de TF1, Etienne Mougeotte, 67 ans. Au moins un que le débat sur la durée de cotisation doit bien faire rire ... il devrait monter un syndicat avec Michel Drucker, lui qui ne veut pas  s'arrêter de faire de la télévision avant 80, 85 ans.

Puis, c'est Nicolas Domenach, le charme même de la cinquantaine, brillant journaliste politique de l'hebdomadaire Marianne que je vois régulièrement dans l'émission de Samuel Etienne sur Canal + dont j'ai déjà dit ce que j'en pensais  dans mon premier édito (Nicolas, tu mérites mieux que cela !) qui m'est venu à l'esprit.

Puis pêle-mêle, me sont venus à l'esprit Nicolas Hulot, l'homme qui a fait que Borloo a un ministère, Nicolas Dupont Aignan, le dernier gaulliste recensé, Nicolas de Tavernost, le patron de M6.

Miracle, j'en ai trouvé un qui rentre à peu près dans la tranche d'âge des Nicolas, Nicolas Anelka ...

Vous allez me dire que je l'ai fait exprès, me vient enfin le nom du seul Nicolas qu'il n'était pas possible d'oublier. Vous voyez de qui je veux parler ? Non ?

Allez ! un petit effort. C'est vrai que ce n'est pas si évident que cela puisqu'il n'a pas parlé depuis le 6 novembre dernier.

Vraiment vous ne voyez pas ?

Comme quoi, on peut faire tous les efforts du monde pour que l'on pense à vous : passer dans tous les journaux télévisés quotidiennement depuis cinq ans, avoir des articles dans toute la presse quotidienne, hebdomadaire, people. Faire parler de soi, y compris de sa vie privée, pendant des années et des années et en quinze jours d'absence tout est remis en cause. Quelle ingratitude !

Je vais vous mettre sur la voie : c'est le premier Nicolas à diriger la France, à être divorcé ... mais ce n'est pas le premier président de la République à s'attaquer aux régimes spéciaux de retraite.

Peut-être, d'ailleurs, va-t-il à nouveau parler dans le poste demain ou après-demain pour tenter de dénouer cette crise.

Alors, peut-être, je dis bien peut-être, Nicolas Sarkozy redeviendra le premier Nicolas de France. 

 

19.11.2007

Faut que ça danse !

Faut que ça danse, c'est le titre du nouveau film de Noémie LVOVSKY avec Jean-Pierre Marielle et Sabine Azéma (il y a du César dans l'air pour Marielle ...), ce pourrait également être l'intitulé de cette grève qui traîne en longueur et dont les différents acteurs font, chacun leur tour, en sorte qu'elle s'éternise.

On assiste à une bataille d'égos particulièrement instructive, une bataille interne à la CGT entre Bernard Thibault et le patron de la féderation des cheminots, M. Le Reste, qui doit se dire dans son for intérieur qu'en résistant à son dirigeant et en maintenant l'ordre de grève encore quelques semaines, il a une chance non négligeable de prendre sa place. Thibault ne peut pas ne pas y penser, lui qui est à la tête de la CGT depuis ... le conflit sur les régimes spéciaux de 95 ... et qui était à cette époque responsable de la fédération des ... cheminots.

Ce pas de deux n'est pas un slow, plutôt une valse où les coups bas peuvent pleuvoir, la base étant plus proche de Le Reste que de Thibault.

Autres pas de danse, un tango pas encore langoureux, cette fois, entre Chérèque, patron de la CFDT et Xavier Bertrand, le ministre du travail, qui pense pouvoir se servir des divisions qui apparaissent entre les grandes confédérations syndicales pour sortir du conflit.

Sans parler du syndicat autonome des conducteurs de la SNCF qui, dès le début du conflit, a préféré aller au bal avec le gouvernement plutôt qu'avec ses collègues.

Et demain, les fonctionnaires vont s'inviter à la fête.

Qu'attendre des jours qui viennent ? au minimum qu'il ne se passe pas ce qui arrive trop fréquemment à la sortie des bals "populaires" du samedi soir : la bagarre. Et peut-être que chacun, subitement convaincu que l'intérêt général doit primer, une sortie de crise où les intérêts bien compris des personnels concernés par la réforme des régimes spéciaux soient pris en compte tout en recherchant autant que faire se peut l'équité, un mot qui pour être très à la mode (dans les médias notamment) tarde à trouver sa concrétisation dans les faits.  

 

16.11.2007

On est dans le flou ...

Hier, je vous disais faire un rêve. Que la présence de nos deux ex-présidents au Conseil constitutionnel allait être la garantie que l'article sur les tests ADN de la loi Hortefeux serait retoquée. D'après ce que j'en sais, ils n'ont fait qu'exprimer des réserves, comme les sénateurs somme toute. C'est vrai qu'ils en ont l'âge.

Sur cette affaire, la presse a été plus que discrète dans ses éditoriaux. Où est passé Bernard-Henri  Lévy ? Lui qui avait mené la bataille à la Mutualité. C'est vrai qu'à l'époque son livre venait de sortir et que chaque apparition médiatique valait promotion.

C'est vrai aussi, à la décharge des grands médias, que la grève continue et s'enfonce chaque jour un peu plus dans un conflit dont on ne comprend pas tous les dessous, la base syndicale non plus à l'évidence qui semble se radicaliser, se sentant lâchée par ses dirigeants. Danger donc de voir se prolonger un mouvement dont on dirait qu'il arrange tout le monde sauf ceux, bien entendu, qui souffrent de devoir galérer chaque matin et chaque soir pour se rendre au travail et en revenir. 

Autre sujet d'actualité bizarre : l'affaire Colonna. On a appris, hier, de la bouche même d'un policier, que Colonna ne pouvait être l'assassin du Préfet Erignac, les études balistiques indiquant que les projectiles n'avaient pu être tirés que par un homme plus grand que le Préfet. Or, Colonna est plus petit de 10 centimètres et, de plus, la rue où s'est déroulée l'action monte, le Préfet étant devant son agresseur. Huit ans de détention pour un présumé assassin et huit années d'enquête pour entendre cela, voilà qui n'est guère réconfortant ni pour la famille du Préfet, ni pour l'accusé, pas plus d'ailleurs pour les justiciables en puissance que nous pourrions devenir.

Flou dans l'affaire des tests ADN, flou dans la gestion syndicale et gouvernementale de la grève dans les transports publics, flou dans l'enquête sur l'assassinat du Préfet Erignac. Cela fait beaucoup pour une seule journée.

Une seule certitude : il fait froid ... et pas vraiment de bonnes nouvelles pour nous réchauffer le coeur.

 

 

 

Toutes les notes